Ouverture du site
A tout moment la rue…

Il n’y a que deux personnes qui aient réuni des politiques, des chefs d’entreprise, des acteurs majeurs de l’internet, des journalistes, des lobbyistes et artistes au Fouquet’s : Nicolas Sarkozy et moi.
Pour les même raisons, mais en miroir, en symétrie, lui pour l’asservissement du web et la promesse du contrôle des internautes devant la création artistique avec Hadopi, et moi pour l’assurance de la liberté sur internet et de l’ouverture à l’accès pour tous à la création artistique sur internet en lutant contre Hadopi. C’était le 29 octobre 2009 pour la sortie du livre « la bataille Hadopi », le seul livre traitant sérieusement du sujet jamais sorti en France. Cela n’a pas empêché nos députés godillots de voter la loi Hadopi et de créer la Haute Autorité. On connaît aujourd’hui son échec et son inutilité. Ce qu’on avait prédit ce jour là et écrit dans le livre.
C’est aussi la naissance de Libre Acces
Ne nous y trompons pas, ça reste un souvenir incroyable. Réunir autant de personnes en un tel lieu en ce moment crucial fut d’un bonheur et d’une excitation incroyable. Ce que je souhaite à beaucoup de gens, défendre ses convictions de cette manière est particulièrement jouissif. C’est un moment important de mon rôle de chef d’entreprise. Un point de fixation dans le temps. Car c’est aussi la fin de l’aveuglement.
Reverbere a entièrement tout financé sur ses fonds propres : impression des livres, plan com’, gestion, logistique, avance de trésorerie etc. Une telle organisation, un tel bazar à mettre en place c’est jour et nuit 24h/24 7j/7 en pendant qu’on fait ça, on ne fait pas autre chose. Et cette autre chose c’est son métier de patron. C’est un piège pour une petite structure.
On est en 2009 la crise des subrpimes avait depuis près d’une année commencé à ravager l’économie mondiale, et ReverberE à l’autre bout de la chaine économique n’avait pas encore pris le stunami et surtout on avait fait des bonnes années précédemment qui avaient fait un peu de trésorerie, mais pas de cash-flow, ainsi, de manière trompeuse, il nous a été permis de croire qu’on allait changer le monde à moi tout seul. Évidemment il n’en fut rien.
La totalité de la trésorerie a été engloutie dans le livre, sa mise en œuvre et la nuit du Fouquet’s. Et là n’est pas le plus grave, la véritable catastrophe n’avait pas encore montré son visage : tellement pris par l’évènement, tout ReverberE n’avait fait que travailler pour ça, dans l’oubli qu’il y’a une journée après la nuit, des semaines et des mois… qu’inexorablement les charges (salaires, sociale, patronales, loyers…) t’attrapent par les pieds et te trainent à terre en un claquement de doigts. C’est ainsi, le chef d’entreprise se doit d’être attentif à tout, et surtout il se doit de garder la tête froide, les deux pieds bien campés au sol. Lorsqu’il oublie cela il ne fait pas que plonger lui même, il fait s’écrouler tout autour de lui.
Celui qui ne se plante jamais n’a aucune change de pousser
Évidement la crise a fini par nous rattraper, et on en a pris plein la tronche, mais c’est une autre histoire sur laquelle je reviendrai dans un autre billet.
Cette nuit du Fouquet’s reste un souvenir inoubliable qui m’a beaucoup apporté dans mon métier de chef d’entreprise, sur la gestion des projets. Les stigmates financières sont aujourd’hui encore visibles, même si elles n’ont plus d’impact, qui nous disent ce qu’on a été capable de faire à bout de bras, et a quel prix. Les employés de ReverberE qui était là ce soir là le savent : on est capable de soulever des montagnes et que désormais on saura même les porter au-delà des océans et des mondes.
Mathieu Pasquini
Gérant & Fondateur